Discours du Grand Feu du samedi 13 février 2016

Avant de commencer, je rappelle à tous quelques consignes très importantes.  Pour des raisons de sécurité et de respect de la propriété privée, l’accès au pré est strictement réservé aux personnes autorisées.  Nous rappelons également que les parents sont civilement responsables des actes de leurs enfants jusqu’à leurs 18 ans.  

Nous y revoilà, une fois encore, ô Infâme Hiver !

Oui, Le Blanc qui est là debout sur ta chaise à porteur, c’est à toi que je m’adresse.  Chaque année, tu reviens nous taquiner, nous enrhumer, nous faire chuter, nous blesser, nous tuer parfois !  

Aujourd’hui, tu as bien crû que tes complices, ces sorcières et autres vilaines créatures, que ces diables allaient te délivrer (rires moqueurs et saccadés), mais tu es pitoyable.  Tu t’es vu, t’as vu ta tête, tu es blanc comme un mort !  

Bien sûr, de nouveau, nous t’avons capturé et nous allons te brûler, soit en certain, et demain, le Printemps prendra ta place.  Tu sais là, le Printemps, les petits oiseaux qui gazouillent, les arbres qui bourgeonnent, les herbes qui verdissent, les fleurs qui sentent bon, mais non tu ne connais pas tout ça, hein toi, Vilain Hiver !

Sois sûr que la Corporation du Grand Feu de Liernu sera toujours là pour t’anéantir, puisque inlassablement chaque année, nous construirons un bûcher toujours plus haut (11,10 mètres), avec toujours plus de courage, toujours plus de fierté, toujours plus de hargne ! Il en est ainsi depuis la nuit des temps !  Oui !  Nous sommes fières ce soir de vous présenter, cher public, ce magnifique bûcher érigé branches par branches, jour après jour, sous la pluie, sous la neige, par temps de gel, par temps de vent, par temps de doute parfois   Mais, rien ne nous empêchera de te brûler, Perfide Hiver. Oui, ce bûcher est là pour toi tout seul.

Avant de citer rapidement tes méfaits et de prononcer ta sentence, ô Hiver, il me faut remercier, au nom de la Corporation du Grand Feu de Liernu, Messieurs les Bourgmestre et Echevins de la commune d’Eghezée de nous avoir permis de rééditer cette manifestation de notre folklore séculaire.  Merci également aux nombreux invités qui nous ont fait l’honneur d’être parmi nous cette année :

  • Les Chevaliers d’Emines qui nous ont accueillis à leur splendide Carnaval, il y a 2 semaines déjà, en janvier s’il vous plaît !  Bientôt vous le ferez entre Noël et Nouvel An vot’ Carnaval !!!
  • Le Comité des Fieus d’fiesse  de St-Germain, aaaaah, St-Germain, Saint-Germain !   Sa fontaine miraculeuse, son église romane, son bois abondant, son eau de Villée, aaaah, merci Marcel !
  • La Confrérie du Gros Chêne de Liernu qui a réussi à élever notre Gros-Chêne au titre d’arbre de l’année 2015 et qui, bientôt, nous le souhaitons de tout cœur, sera élu arbre le plus remarquable d’Europe.
  • Un merci tout particulier aux nouvelles recrues qui n’ont jamais renoncé chaque samedi, par tous les temps à venir ériger ce bûcher.  Je ne les citerai pas, ils se reconnaîtront. Merci aux autres aussi bien sûr, les plus vi…, heu je veux dire les plus … anciens, on va dire, enfin.
  • La Confrérie du Grand Feu de Lonzée, qui allumera son feu le 12 mars prochain.  C’est comme on a dit hein, double ration pour vous, parce que l’an passé, heu, y a eu un malentendu, mais ça c’est notre popote à nous.
  • Monsieur et Madame les Géants de Perwez et leur beau Bébé, venus de la Province voisine, Mesdames et Messieurs !
  • Le Comité du Grand Feu de Aische et les Pierrots qui nous sont accueillis samedi passé.  Vous savez qu’on a failli se perdre dans les rue de Aische ! On a été sur le point de devoir traverser le terrain foot avec tracteurs et remorques, on ne savait plus où on était.  Oui, on a vécu des choses incroyables cette année à Aische, on a même vu un homme à mobylette en veste de la Corporation, casqué et portant comme une grosse croix sur son épaule.  Bizar, bizar, tout çà….  Mais cette fois, l’honneur est sauf, ils ont retrouvé leur sorcière et elle a bien brûlé.
  • La Royale Harmonie de Jodoigne que nous accueillons pour la première fois cette année, ça a bin bouchît !
  • Le géant de Liernu bien sûr toujours fringuant, toujours plein de sobriété.
  • Le char de Samuel & Co & … Zétor et sa toute nouvelle cabine insonorisée, inifugée, étanchéifiée avec aération arrière, aération latérale et aération frontale.  L’année prochaine, c’est promis, on lui mettra une direction assistée, il l’a mérite bien.
  • Tant que j’y pense, cher public, n’oubliez pas de venir aux Feux de la Saint-Jean le samedi 18 juin prochain, le thème cette année est … , vous l’avez deviné quand même, les vrais personnages étaient dans le cortège de l’après-midi.  C’est HARRY POTER.  Venez apprendre à devenir sorcier au rallye de la Saint-Jean en juin prochain.
  • Je tiens également à remercier les généreux donateurs de Liernu et de Saint-Germain qui nous ont offert leurs sapins, leurs fruitiers, leurs saloperi… heu non, non, non, non !  Mais ?  Qui a écrit çà ?!  … leurs sureaux, leurs haies,…  
  • Milles excuses une fois encore aux personnes que nous n’avons pu débarrasser de leurs bois.
  • Merci aussi à  toutes les personnes sympathiques, courageuses et travailleuses qui ce soir ne pourront admirer la mise à feu du bûcher.  Ce sont ces personnes qui assurent l’intendance en ce moment même dans les coulisses (aux bars, en cuisine, en salle, aux sonos, au bbq) et qui vous préparent que de bonnes choses, profitez-en, n’hésitez pas.
  • Merci aux personnes qui nous ont prêté leurs tracteurs, leurs remorques, leur benne, leur épandeur.
  • Merci aussi aux sympathiques commerçants des environs qui nous ont fait confiance en offrant leur sponsoring.

Sans toutes ces nombreuses aides, cette fête n’aurait tout simplement pas lieu.  

Aaaaaah, mais oui, revenons à notre triste et pénible affaire : Toi !?  Encore toi !? J’avais failli t’oublier !   Aaaaarrrrhhh, te voilà une fois encore ô vilain Hiver !! Quelle poisse !!!  Tu es là de nouveau.  Pffff, tu le fais exprès ou quoi.  Tu sais que rien ne nous empêchera de te brûler, Vilain Hiver. Mai quel sont donc les méfaits qu’on te reproche, hein, cite les une fois toi-même à ma place.  J’en ai assez de le faire.

Mais, mais que de perfidie en toi ! Que de méchanceté, de barbarie !  Que d’idées noires !…

Tu es impitoyable, méprisant, odieux, tu ne changeras jamais.  

Tu as d’abord commencé par être très clément pour nous amadouer (un p’tit rayon de soleil par ci, un gros soleil par là, un peu de vent pas trop froid). Beaucoup pensait : oooh, il n’y aura pas d’hiver cette année.

Mais après, ta perfidie, ta lâcheté nous a surpris, nous a fait mal.

Tu as enneigé, verglacé, inondé nos plaines, nos campagnes et nos chemins.

Avec ta neige abondante, tu as fait s’effondrer le hangar de Fernande.

A cause de tes pluies interminables tu as inondé maints et maints endroits.  Ce pré où nous nous trouvons, tu l’as enduit de boue lourde; impossible souvent d’entrer avec un tracteur.  Résultat : tu as obligé nos courageux compagnons à évacuer les remorques prêtes à s’engloutir, tu as obligé, entends tu, tu nous as obligé à pousser ces remorques hors du site, une par une, à la main, à la force de nos bras engourdis, de nos corps trempés jusqu’aux os.  Que de djiades de vin chaud consommées Allah bris du bûcher, ce jour là !  (A ce moment là, Jean-Luc, tu éternues en disant : ahhh  djaheach et Caaarrrr lachnikof !).  T’as des Mohamet (mots à mettre) là dessus, ôh Vilain Hiver ?

Au bout de un an et demi, enfin, tu as rendu à Christine sa rondelle ou alors c’est une nouvelle que tu lui as offerte pour la conquérir peut-être ?!  Je te r’connaît bien là.

Et c’est toi qui as mis le brin dans les astres ?  Alors maintenant on ne sait plus, est-ce qu’on a 8, 9 ou 10 planètes dons not système solaire ?

Tu as semé la grippe, mais il paraît que çà vaut mieux que t’attraper la scarlatine.

Tu as empêché beaucoup trains d’arriver à l’heure et retarder le RER aussi, mais çà tu as eu facile, avoues le, tu as eu l’aide de la ministre de l’immobilité.

Mais, regarde tout autour de toi (en montrant le public et les allumeurs), Minable Blanc, regarde ces yeux accusateurs, ces bouches déformées, ces regards méprisants, ces visages figés, ces cheveux hirsutes, … tous sont venus pour te voir périr !

Qu’en pensez-vous (s’adressant au gens sur le pré), chères Compagnons, l’Hiver est-il coupable ?   En cœur, les Compagnons agitant leur flambeau : « Coupable, coupable, coupable ! ».

Et vous, cher public, que dites-vous ?  Coupable ?  La foule répète : « Coupable, coupable, coupable ! ».  Si la foule est trop molle, tout le pré répète : « Coupable, coupable, coupable !   Et la foule reprend : « Coupable, coupable, coupable ! ».

Je vais donc, maintenant, ordonner de t’exécuter sans aucune autre forme de procès.  Tu seras brûlé et par ton supplice, le Printemps succédera à l’Hiver, puisqu’il en est ainsi depuis la nuit des temps et que pour les siècles à venir il en sera ainsi.  J’invite donc nos invités et les bourreaux de la Corporation du Grand Feu de Liernu à accomplir dignement leur devoir : Compagnons, retournez-vous et admirez votre bûcher.  Porteurs, au sommet du bûcher, hissez et fixez solidement le Blanc qui doit mourir !  Tambours !

Pour que ce terrible Hiver fasse à nouveau place aux belles journées de Printemps, Bourreaux et Compagnons de toutes associations, nous comptons sur vous : approchez maintenant du bûcher … Tambours !

Maintenant que le Blanc est enfin fixé au mât de notre bûcher et qu’il ne peut plus nous échapper, l’heure de notre délivrance a sonné.  Levez bien haut le feu purificateur et préparez-vous à poser le geste symbolique transmis par nos ancêtres depuis la nuit des temps.  Compagnons, accomplissez votre devoir !  Tambours !

Maintenant que le brasier purificateur est enfin en marche, plus rien ne nous empêche d’aller boire un verre, d’aller manger un pain saucisse, un hamburger, un nems, prendre une soupe ou un vin chaud.  Et puis, pourquoi pas, nous danserons sous des rythmes endiablés.

Et je rappelle enfin qu’après notre départ, l’accès au pré est strictement interdit à TOUTE  personne, pour des raisons évidentes de sécurité et de respect de la propriété privée, les parents étant civilement responsables de leurs enfants jusqu’à leurs 18 ans !!

Et maintenant, que la fête commence !  MUSIQUE !

 

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